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Les temps
sont difficiles dans la vie de l'enseignant depuis les règnes
presque insoucieux de tout au pays sis au cur de l'Afrique.
De Mobutu qui l'a appelé Zaïre à la lignée
des Kabila qui l'a ramené à son nom des temps
des belges (République Démocratique du Congo),
tout va à un rythme qui ne fait que générer
des larmes dans les couches sociales. Les cris inaudibles
des enseignants pour l'autorité attitrée ont
fait que par-ci, par-là, les initiatives naissent.
Au sein des écoles, lentement mais sûrement l'idée
prend racine, germe. Elle fait jaillir des éclosions
des projets assez prometteurs. D'où l'initiative des
mutualités. Il s'agit, notamment, de la Mutualité
d'Epargne et de Crédit de Majengo MECMA en sigle, organisée
à l'Institut Majengo, et de la Mutualité des
Enseignants de Katwa, M.E.K en sigle. Celle-ci est initiée
dans la partie Nord de la Province ecclésiastique de
la CBCA, à Katwa. Elles viennent de faire chacune environ
cinq ans d'existence.
Ces mutualités, initiées dans les contextes
précédemment décrits, ont pour objectif
d'unir les déshérités en temps de vaches
maigres ; elles visent une entraide sûre, opportune
et de proximité.
Il ne s'agit pas ici d'une initiative conçue pour un
grand public d'abord. Le cercle des bénéficiaires
est bien réduit. Le champ d'action se limite au nombre
d'écoles et des membres volontaires au sein d'elles.
Mais, en ce qui est de la mutualité à l'Institut
Majengo, l'ouverture aux autres pourra intervenir plus tard
en réservant les intérêts au cercle des
membres fondateurs disposant des parts sociales.
Après sensibilisation (dans les écoles de Katwa
pour MEK et, pour MECMA auprès des enseignants), les
intéressés ont contribué pour constituer
un montant de démarrage. Au fur et à mesure,
le montant augmente pour permettre plus de services aux membres.
Pour la
MECMA, le salaire mensuel de l'Etat, en l'occurrence octobre
2006, a été versé dans la caisse pour
tout démarrer et remplacer la mutualité antérieure
destinée à l'achat des vivres pour ravitailler
seulement les enseignants. Ainsi, il y a eu une somme d'environ
mille dollars américains. Tout enseignant est servi
selon sa demande qui ne dépasse pas son salaire. La
somme reçue est à remettre avec un intérêt.
Le taux d'intérêt génère ainsi
une somme qui se partage encore à la fin de l'année
scolaire pour augmenter la part initiale de chacun.
Pour la
MEK, la mutualité a démarré d'abord avec
les chefs d'établissement des écoles fonctionnant
à Katwa. Les écoles ont été impliquées
ensuite, et les enseignants, en dernier lieu. La contribution
des écoles est trimestrielle. Celle des Chefs d'Etablissement
et des enseignants en tant qu'individus est annuelle. Le service
concerne d'abord les besoins des écoles, pour les concessions
et les infrastructures qui augmentent les postes de services
en faveur des membres de la CBCA. Il s'étend aussi
aux cas sociaux majeurs. Ainsi est-on parvenu à construire
une clinique pour enseignant dans la concession de l'Hôpital
Général de Référence de Katwa.
Elle sert à réduire le coût des factures
d'internement des malades enseignants à Katwa. Par
ailleurs, l'initiative permet de satisfaire aux besoins des
familles criblées, par moments, des dettes qui les
dépassent. Elle facilite aussi l'organisation des journées
de méditation et d'échanges entre enseignants.
Les épouses de ces derniers sont alors aussi invitées.
Dans ces mutualités, une richesse incommensurable d'orientations
variées se révèle.
En ce qui est de la MEK à Katwa, il s'agissait de parvenir
à pourvoir de concession les écoles de la CBCA,
tout en assurant des services urgents aux membres connaissant
des cas sociaux lourds qui dépassent leurs possibilités
financières.
En ce
qui concerne la MECMA à Majengo (à Goma), il
s'agissait de surmonter des difficultés que la mutualité
existante ne pouvait pas résoudre. Il fallait en outre,
pouvoir faire face aux besoins non relatifs aux vivres. Les
cas sociaux sont gérés par une contribution
mensuelle d'un dollar chacun au début et de deux dollars
chacun aujourd'hui ; l'on voulait créer une caisse
qui, un jour, pourrait permettre de déborder le cadre
de l'école pour devenir une coopérative ouverte
aux autres membres comme les parents des élèves
surtout ; cela permettrait de générer plus d'intérêts
au bénéfice des enseignants et des autres, tout
en réservant les dividendes annuels aux membres fondateurs.
La MEK se limite aux services d'achat des concessions scolaires
et à secourir les membres en besoins souvent imprévus.
La MECMA, sous la gestion d'un enseignant accorde des prêts
aux membres et peut faire tout ce que l'Assemblée Générale
définit comme priorité chaque année.
Cette année 2008-2009, par exemple, elle combine les
achats des vivres de première nécessité
pour les enseignants et les prêts définis au
départ.
L'initiative progresse certes lentement au début, mais
elle s'amplifie en rendant des services que personne d'autre
au pays ne pouvait rendre.
Pour la MECMA, la caisse a atteint au début de cette
année scolaire (2008-2009) une somme de sept mille
dollars américains environ.
Dans les deux cas, il peut être difficile de parler
de production puisqu'il s'agit ici des services attendus de
chaque structure. Les membres ayant droit sont satisfaits
car les objectifs sont atteints.
Au pays coincé au cur de l'Afrique, au pays tant
convoité par beaucoup qui, puissants ou faibles, cherchent
à tirer tout de son côté, les problèmes
créés artificiellement ont tendance à
submerger les initiateurs des pareilles initiatives. Les membres
ont toujours peur. Toute mutation risque d'éloigner
le concerné du champ d'action de sa mutualité.
A Majengo, l'on croit devoir permettre au membre en mutation
ailleurs de pouvoir continuer à profiter des intérêts
et services de la mutualité. En effet, sa part sociale
continue à servir le groupe ; les intérêts
ne peuvent que lui profiter.
C'est au temps de remous et des difficultés diverses
que se créent des initiatives souvent originales, celles
qui débordent les cadres d'où elles ont émergé.
Il ne suffit pas de crier pour faire entendre ses problèmes,
encore faut-il user de ses méninges pour trouver des
pistes qui puissent mener à une issue favorable. C'est
seulement au niveau de cette dernière qu'on peut tendre
une main vers autrui.
Si des
orientations variées s'avèrent nécessaires
dans ces mutualités déjà existantes,
avec une richesse de créativité différente,
l'avenir proche ou lointain devra d'abord tenir compte de
l'application des pareilles initiatives dans les grands centres
urbains de la province. Si ces orientations se colorent déjà
différemment alors que nous n'avons parlé que
de deux centres, l'avenir aura le choix entre des orientations
multiples. Surtout que ce sont les problèmes d'un milieu
et ses moyens qui amènent à une définition
réaliste de l'initiative à prendre et la coloration
à lui donner. Il y a lieu de préciser que des
initiatives ou des mutualités similaires foisonnent
dans d'autres écoles ou centres de la Province du Nord-
Kivu (RD Congo).
Sivamwanzire
Sekerevete Sophéreth
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